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chroniqueshumaines

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Journal d'un mammifère en colère!


Que peut-on attendre de l’impétueux Donald J. Trump ?

Publié par ChroniquesHumaines sur 16 Juillet 2017, 04:12am

 

La géopolitique est de nature complexe et reste une science tout ce qu’il y a de plus inexacte surtout lorsqu’il s’agit de faire des prévisions, mais il faut bien admettre que depuis l’élection de Donald Trump à la maison blanche, il règne un flou total sur ce que va devenir la politique des États-Unis dans le domaine international. Il est clair que l’actuel président des États-Unis tranche littéralement avec son prédécesseur qui n’aura fait que prolonger la politique militaire Américaine qui s’est mise en place depuis 2001 en adoptant il est vrai, une attitude plus Clintonienne, donc plus populaire mais dans les faits les dégâts sont considérables (Libye, Syrie entre autres).

 

J’ai mené ma petite enquête pour essayer d’éclaircir tout ça afin de savoir si je pouvais continuer de dormir tranquille bien caché dans ma campagne Poitevine ou s’il fallait d’urgence commencer à creuser un abri et à y stocker du sucre et des conserves. Rien n’est plus difficile que d’entrer dans la tête d’un type aussi marginal que peut l’être le milliardaire président. J’ai publié un article l’an passé sur celui qui n’était alors que le candidat à l’investiture républicaine* dans lequel j’essayais d’expliquer la nature atypique de ce candidat pas comme les autres. Ces derniers temps je me suis également beaucoup penché sur la situation au Moyen-Orient et sur les possibles évolutions de la crise. Bien sûr, la parole de Donald Trump y joue un rôle majeur mais les Britanniques ont également beaucoup d’influence dans la région et l’opposant Russe reste l’obstacle numéro un à la politique de ces deux Empires. Essayons donc de déblayer le terrain histoire d’y voir plus clair.

 

Comment procède Donald Trump et quels sont ses objectifs ? Pour le savoir il faut comprendre un peu le personnage en faisant abstraction des préjugés à son égard mais également comprendre la limite de ses pouvoirs en tant que président des États-Unis. Donald Trump n’a pas le pouvoir absolu, il doit composer avec un puissant sénat, un congrès encore plus puissant et une justice totalement indépendante. De plus, et c’est un élément que l’on occulte assez souvent mais Donald Trump n’était pas un candidat indépendant, il était investi par le parti républicain et ce faisant il a passé des accords préélectoraux, il porte le projet d’un parti dont plusieurs dirigeants lui sont hostiles. La plupart des postes de son administration sont soumis au vote du sénat, il se retrouve ainsi entouré, cerné par une administration bien plus proche de l’héritage idéologique de George W. Bush que de sa vision.

 

Mais alors quelle est la ligne de Donald Trump ? L’actuel président des États-Unis est un Américain pur jus regroupant à lui seul la quasi-totalité des clichés sur cette peuplade d’outre-Atlantique. C’est un milliardaire mais il est clairement différent de ce que nous pouvons connaître actuellement, ce n’est pas un spéculateur, c’est un homme d’affaires à l’ancienne avec une conception très conservatrice de ce que devraient être les valeurs Américaines. Il n’est pas pour « porter la démocratie », s’il y a quelque chose à apprécier chez lui c’est bien sa franchise, il est brut de décoffrage et il n’est pas formaté, contrairement à la grande majorité des politiciens occidentaux. Malheureusement pour lui cela lui donne l’image d’un rigoriste arriéré alors qu’il ne fait que porter les valeurs puritaines qui faisaient encore très largement l’Amérique de sa jeunesse et qui l’ont fait élire au-delà du vote soi-disant contestataire. Ainsi nous pouvons noter que sa politique intérieure pourrait sans conteste être bien plus efficace que celle de son prédécesseur, et je le rappelle à nouveau mais l’Obamacare reste une mesure très imparfaite et très discutable qui a toujours été la cible des républicains, quant au fameux mur à la frontière Mexicaine il a été mit en chantier par George W. Bush et prolongé par Obama.

 

Non le vrai problème avec Donald Trump c’est sa vision du monde. Son ouverture d’esprit est assez limité, il a construit sa fortune principalement aux Etats-Unis et conserve une image assez erronée de certaines cultures. Mais Donald Trump s’est préparé à la présidence et il connaît bien les dossiers dont le principal reste bien sûr la situation au Moyen-Orient et la lutte contre le terrorisme. Je ne vais pas refaire un article sur le Moyen Orient**, mais nous pouvons résumer ainsi les choses en éclaircissant les alliances : les britanniques protègent les frères musulmans et entendent les installer politiquement, les Américains et leurs alliés sont plus proche de l’autre grande doctrine sunnite de la région qui est le wahhabisme porté par l’Arabie Saoudite et plus largement les salafistes qui ont donné naissance à Al Qaida et Daesh et enfin les Russes qui sont alliés à l’Iran et depuis le début du conflit à la Syrie.

 

Trois idéologies religieuses : le wahhabisme porté par les Saoud et leurs alliés, les frères musulmans sunnites proches des idées wahhabites mais concurrents des Saoudiens qui les ont classés organisation terroriste et enfin il y a les chiites qui gouvernent en Iran. Bachar Al Assad est un adepte de la branche chiite alaouite. Historiquement les Occidentaux ont fait le jeu de leurs alliés dans la région, ainsi à la fin des années 70, Américains et Saoudiens ont renversé le gouvernement proche des communistes en Afghanistan en armant des groupes rebelles qui deviendront plus tard les soldats d’Al-Qaïda avec l’aide d’un certain Ben Laden puis après avoir fracassé l’Irak et la Libye bien aidé par la France ils ont aidé des groupes rebelles en Syrie pour renverser Al Assad avant que n’entre en jeu la Russie sous l’impulsion d’un Vladimir Poutine excédé de se voir de plus en plus encerclé par les bases Américaines. Les Anglais qu’en a eux s’appuient principalement sur les frères musulmans dont ils sont à l’origine, ils se sont développés selon le modèle occulte Britannique et sont en lien avec l’Association musulmane Britannique.

 

Donald Trump hérite donc de dossiers extrêmement sensibles et ses prises de position auront quoi qu’il en soit des conséquences lourdes pour l’avenir du monde musulman qu’il connaît finalement assez mal et il doit gérer le tout avec une opposition démentielle jusque dans son propre camp et faire face à une opinion internationale très hostile surtout en Occident où la presse ne cesse de le dénigrer. La grande différence entre Donald Trump et l’État profond Occidental c’est qu’il n’est pas un mondialiste. Je pense sincèrement que l’actuel président des États-Unis veut mettre un terme au terrorisme et recentrer les États-Unis sur eux-mêmes mais Donald Trump n’a pas de baguette magique alors vers quelle stratégie s’oriente-t-il ? Pour sûr il n’y a pas de solution miracle, il va falloir faire au mieux. Il y a plusieurs théories qui circulent : d’après le réseau Voltaire Trump aurait passé un pacte avec l’allié Saoudien pour mettre un terme au terrorisme (le Qatar ayant refusé l’accord se serait ainsi mis les alliés Américains à dos) mais l’Arabie Saoudite wahhabite reste très hostile à l’Iran chiite et à Bachar Al Assad. En conséquence, Trump se serait engagé à isoler l’Iran le plus possible et a conclu un contrat faramineux de vente d’armes pour rassurer les Arabes en leur donnant les capacités de se défendre face à une hypothétique agression de l’Iran (même si selon moi l’Iran n’entend attaquer personne) et aussi pour leur permettre de mater la rébellion chiite au Yémen et éviter que ce pays au sud de l’Arabie Saoudite ne tombe aux mains des « mécréants » chiites. En revanche pour le cas de la Syrie, il semble être clair que les Russes empêchent toute action désormais et qu’il faudra compter avec le président Al Assad qui fait figure de rescapé des politiques Occidentales dans la région depuis le 11 septembre. Si c’est le cas c’est un coup de génie risqué mais bien pensé dans sa position car non seulement il caresse son administration dans le sens du poil, puisque la haine de l’Iran aux États-Unis et en particulier chez les républicains reste très prononcée et que dans le même temps il se place dans une position de leader dans la péninsule Arabique, le tout en ramenant quelques milliards à la maison.

 

Je vais vous dire ce que j’en pense, je trouve cette version un poil idéalisée mais elle me plaît mieux que l’autre théorie qui voudrait qu’il ait complètement baissé son froc devant l’État profond mais beaucoup d’éléments me permettent d’en douter. En effet à l’heure qu’il est tout est fait pour tenter de la déstabiliser, voire même le destituer ! Il fait toujours l’objet d’une diabolisation très agressive de la part de tous les médias conventionnels. Certes il y a eu le bombardement en Syrie mais nous savons que c’était une attaque de façade qui n’a eu aucune conséquence et je rappelle qu’il est le premier à accepter la discussion constructive avec Poutine afin que la lutte se recentre contre Daesh alors que la plupart des politiciens Américains considèrent le président Al Assad comme un danger bien plus grand. Si Clinton était présidente je suis persuadé que les États-Unis auraient déjà envahi la Syrie avec toutes les conséquences que cela aurait impliquées.

 

En résumé il semblerait que Donald Trump ait bien l’intention d’en finir avec Daesh mais sa stratégie implique de renforcer l’État Saoudien pourtant très éloigné des idées démocratiques et droit-de-l’hommiste et d’isoler économiquement l’Iran même s’il semble qu’il ne sera pas suivi par les États Européen d’une part parce que le lobby juif très puissant en Occident pousse à la chute de la Syrie pour asseoir le projet d’expansion d’Israël et leur permettre d’être définitivement les maitres du plateau de Golan et d’autre part parce que dans l’état actuel des choses les positions de la Russie empêche toute nouvelle agression militaire des Occidentaux en Iran ou en Syrie et que le seul moyen de rassurer Israël est soit d’isoler l’Iran soit de les ramener dans le grand bain international et c’est là que les opinions se coupe en deux car le problème de l’Iran c’est qu’ils n’entendent pas lâcher la Syrie qui reste un allié précieux sans qui les Iraniens seraient encerclés par les Arabes et par Israël.

 

La stratégie des Britanniques et des frères musulmans pour l’instant est attentistes, ils ont raté le coche avec les printemps Arabes et attendent leur heure même si beaucoup ont intégré aujourd’hui des groupes terroristes. La stratégie occidentale est de retourner l’Iran contre la Syrie ce qui affaiblirait considérablement les positions Russes mais je doute que ce soit possible, le plan B étant de laisser la Syrie s’autodétruire en continuant d’étouffer l’Iran faisant ainsi le jeu des Saoudiens et de leurs alliés. Dans tous les cas les mondialistes libéraux occidentaux n’envisagent que deux options : soit ramener Trump dans leur marche vers un nouvel ordre mondial soit ils s’en débarrasse. J’ai entendu Christophe Barbier sur BFM nous dire que Macron faisait une fleur à Donald Trump en lui tendant la main et que celui-ci avait tout intérêt à rentrer dans « le cercle ». L’homme à l’écharpe rouge brandit la menace : « soit il rentre dans le rang soit de toute façon nous ferons en sorte qu’il ne puisse pas s’exprimer », et le tout en direct en pleine visite d’État. Pour Barbier Trump devrait limite s’agenouiller devant Macron. Des propos inquiétants et indignes mais qui n’ont rien d’étonnant dans la bouche de ces journalistes à la solde de leurs patrons milliardaires.

 

Le défaut majeur de la personnalité de Donald Trump c’est son ego, son erreur est de croire qu’il peut agir seul contre tous, cela est déjà impossible à l’intérieur de ses frontières et cela le sera encore plus à l’international. Je pense qu’il aurait dû franchement se rapprocher de la Russie et partir sur une stratégie coopérative mais cela est devenu impossible avec le Russiagate il doit donc agir dans l’ombre. Pour l’instant les stratégies des uns et des autres ne résolvent rien et ne permettent que le statu quo. Donald Trump est un Américain fier de lui, fier de son pays, il a ses qualités et ses défauts mais il reste bien plus droit dans ses bottes que n’importe quel escroc qui gouverne en Europe. Je ne suis ni pro ni anti-Trump, je n’ai pas sa mentalité, je ne suis pas Américain mais je pense que son arrivée sur la scène politique internationale offre de nouvelles perspectives qui pourraient nous amener vers un peu plus de sérénité même si sa nature provocatrice ne cessera jamais de créer la polémique. Quoi qu’il arrive la paix sera affaire de compromis et il semble plus prêt à en faire que ses prédécesseurs maintenant pourra-t-il résister aux puissants lobbys pétroliers, militaires et sioniste qui, entre autres, font tout pour que leurs « petites affaires » perdurent le plus longtemps possible ? Pourra-t-il résister face à ses « alliés Européens » qui le pousse à s’éloigner de Poutine et à adopter un comportement plus internationaliste ?

 

Le président Trump assiste au défilé du 14 juillet, moi qui suis monarchiste et pacifiste ces festivités me donnent la nausée, aussi je sais qu’il doit faire face à de puissants ennemis extérieurs et de non moins puissants au sein même de son administration sans compter sur l’opinion « internationale » qui le piétine en longueur de journée, j’ose à peine imaginer la difficulté de gouverner dans ces conditions mais ce vieil homme de 73 ans a de la bouteille et reste très populaire auprès des classes Américaines les plus défavorisés. L’avenir nous dira ce qu’il en sera mais je lui souhaite bien du courage sachant que je compte beaucoup plus sur lui pour apaiser la situation au Moyen-Orient et stopper les djihadistes que sur notre président banquier assujetti à tous les lobbys mafieux d’Occident.

 

Adulé ou détesté le président Trump ne laisse personne indifférent et aura dans tous les cas permis de rééquilibrer les pouvoirs à Washington. Personnellement je pense qu’il n’y a ni bon ni mauvais parmi tous ces chefs d’État et hommes de pouvoir, chacun défend ses intérêts et ce que veux Donald Trump c’est ramener l’Amérique dans le droit chemin mais surtout : marquer l’histoire. Donald Trump a un ego surdimensionné c’est un fait et il veut que l’on se souvienne de lui. Il est bien loin de sa jeunesse mais il est à 73 ans au sommet de sa carrière et il n’a pas l’intention de se laisser marcher dessus, maintenant reste à savoir s’il a la bonne stratégie. Il faudra surveiller tout cela dans les prochaines semaines, je pense qu’après ce G20 mouvementé et sa visite en France son positionnement vis-à-vis des uns et des autres devrait se clarifier. En attendant je rappelle que la complexité de sa position couplée à l’instabilité au Moyen-Orient laisse en suspens une épée de Damoclès qui risque à tout moment de s’abattre et de causer des ravages dans une région déjà dévastée par les politiques Occidentales qui ont été mené jusqu’à aujourd’hui par ses prédécesseurs.

 

Qui vivra verra.

 

« Montrez-moi quelqu’un qui n’a pas d’ego, et je vous montrerai un perdant. » Donald J. Trump

 

*http://chroniques-humaines.over-blog.com/2016/04/trump-et-si-les-simpsons-avaient-raison.html

**http://chroniques-humaines.over-blog.com/2017/06/qatar-vs-reste-du-monde-arabe.html

 

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