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chroniqueshumaines

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Journal d'un mammifère en colère!


Laissez les mourir en paix

Publié par Hâche humaine sur 20 Mars 2015, 23:00pm

Le droit de mourir ne devrait même pas être débattu, chacun est propriétaire de sa vie. Refuser à un malade le droit de se soustraire à la souffrance lorsque celle-ci le conduit vers une issue fatale est à mon sens, presque aussi grave que le meurtre. C’est purement et simplement…DE LA TORTURE !

Combien de témoignages faudra-t-il pour que la société se réveille ? Combien de mères devront débrancher elles-mêmes leurs fils avant que nous agissions dans le bon sens ? Combien d’années encore les clivages religieux et culturels empêcheront-ils les hommes d’avancer ?

Je me souviens de visages. Des personnes parfois désespérées voyageant à bout de souffle vers la Suisse ou la Belgique pour pouvoir se délivrer de la maladie. Cette situation est insupportable. Certains ne pouvant se payer ce voyage coûtant jusqu’à dix mille euros se donnent eux-mêmes la mort dans des conditions atroces. Tout cela n’est plus possible, le courage politique doit reprendre le dessus. Qu’on les laisse mourir en paix !

La tolérance n’existe presque plus dans ce pays. Votre religion interdit le suicide ? Ce n’est pas le cas de tous. Laissez Dieu régler lui-même ses comptes avec chacun et chacun prendre le risque de sa colère. Le gouvernement est coupable de non-assistance à personne en grande souffrance. Je ne suis pas forcément pour les systèmes employés à l’étranger ; Je pense qu’une loi autorisant l’euthanasie doit s’accompagner de la création d’une commission d’experts, recevant en audience familles et médecins, se prononçant selon la gravité de l’état du patient et selon ses convictions si celui-ci est conscient ou s’il a fait part de ses souhaits par écrit. Si celui-ci est inconscient, elle devra alors consulter ses proches tout en restant indépendante. Un garde fou contre les débordements. Bien sûr il y a des risques d’abus mais avec un dispositif cohérent il est possible de prévenir ces travers.

La France est laïc et il n’est plus tolérable que des raisonnements issus de cultures religieuses fassent la loi dans ce pays, soi-disant de libertés. Les athées ont le droit d’exister dans cette « république démocratique » et ils ont également le droit d’en finir avec la maladie si celle-ci leur rend la vie insupportable. Laisser souffrir un être humain au nom de la morale n’a rien de moral ! C’est un châtiment cruel que l’on réserve à tous ces malades que l’on oblige à endurer des souffrances inimaginables en sachant qu’au bout, les attend de toute façon : la mort. Le législateur doit penser avant tout au premier concerné : le malade. Tout le reste n’est qu’élucubrations pseudo citoyennes. Alors que nous pouvons soulager nos chiens nous devons assister impuissant à l’agonie de nos aïeux…on marche sur la tête. La France se doit d’être une pionnière, elle doit montrer l’exemple mais une fois de plus elle ne se montre pas à la hauteur et s’enferme dans son conservatisme.

Le serment d’Hippocrate est probablement dans l’histoire celui qui aura eu le plus de sens et qui aura fait le plus de bien à l’humanité. À lui seul il aura créé une âme commune à tout le corps médical pratiquement dans le monde entier. C’est un modèle de charte unique dont l’efficacité restera probablement inégalée. Pour autant, ce serment a aussi ses limites. Les médecins sont régulièrement amenés à faire des choix difficiles mais ils doivent admettre lorsque cela est indéniable, qu’ils sont dans l’incapacité de sauver la vie d’un patient ; dans ce cas, le courage consiste à choisir la moins pire des solutions. Ce n’est pas trahir le serment, c’est faire ce qu’il y a de mieux pour le malade, c’est faire preuve de bon sens.

Certes la vie est précieuse mais lorsque le destin vient à bout de nos forces, il faut savoir lâcher prise. Notre crédit de vie est limité, c’est ainsi. Si la vie n’a plus rien de merveilleux alors elle n’existe déjà plus. Ne reste que les maux et les douleurs inutiles.

L’apothéose ne peut se vivre que par la présence d’instants moins glorieux. La vie est comme l’acte d’amour, pour exister pleinement il lui faut ne pas durer.

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