Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

chroniqueshumaines

chroniqueshumaines

Journal d'un mammifère en colère!


LE PARADOXE DU GANT DE BOXE

Publié par Hâche humaine sur 30 Mars 2016, 22:10pm

Voici une question qui me torture les principes depuis ma plus tendre enfance. Le poing rageur qui frappe, le sang qui coule et moi qui admire ces deux hommes en train de se défigurer entre les cordes. L'éloge de la violence portée au rang de noble art. Entre brutalité exacerbée et démagogie olympique, qu'est-ce me pousse à aimer ce spectacle? Quoi de plus stupide que deux hommes se battant pour l'honneur, sans qu'il n'y ait au départ le moindre conflit entre les deux? L'argent me direz-vous, je répondrais simplement que cela ne touche qu'une partie infime des boxeurs professionnels. Contrairement à ce que l'on peut voir dans d'autres sports la plupart des boxeurs gagne très peu et se démènent pour la gloire. Montrer sa puissance, détruire l'autre pour se glorifier soi-même? Je ne trouve rien qui puisse justifier qu'ils s'affrontent, rien qui puisse me dédouaner d'aimer cela. il y a donc un gouffre entre les principes de ma pensée et ce que réclame mon fort intérieur. Peut-être est-ce là la preuve qu'il y a bien en moi un animal qui sommeille.

Nous vivons tous dans le paradoxe du gant de boxe! Nous répondons à des critères communément admis tout en fantasmant sur les jouissances que le politiquement correct nous commande d'éviter. Braver l'interdit est toujours grisant. Entre charité chrétienne et avarice néolibérale nous jonglons entre le bien et le mal. Nous mettons des sous-vêtements tout en rêvant de nudité, nous défendons des valeurs tout en les offensant chaque jour. Nous sommes paradoxaux dans nos comportements, criant à l'égalité tout en cherchant à posséder constamment plus de richesses que nos voisins. Nous hurlons à la liberté en condamnant le mode de vie des autres. Nous appelons à la fraternité en nous opposant les uns les autres.

D'où vient ce paradoxe? Les humains se mentent à eux-mêmes. Nous refusons notre condition de primate: tant que je ne vois pas de poils entre mes fesses, je refuse de croire à leurs existences et pourtant! Nous avons des besoins primaires car la nature nous a programmés pour nous reproduire et évoluer. Il est naturel chez l'homme de vouloir imposer sa marque car plus que sa propre vie, il est instinctif de vouloir sauvegarder son patrimoine génétique. Tant nous refusons d'admettre cela, il y aura toujours en nous une souffrance qui nous opposera à nous-mêmes. Il faut apprendre à nous connaitre en incluant ce qui nous déplaît, en commençant par nos origines animales qui se rappellent à nous, quoi que nous fassions, au travers de nos addictions en tous genres. Plus un humain "haut placé" et plus ses chances de se reproduire avec un bon parti sont grandes; c'est ce qui fait marcher notre fort intérieur. . Nous agissons toujours selon la loi du plus fort et nous aimons toujours la bataille. L'esprit de compétition est l'écho du besoin de domination animal qui nous habite.

Cerveau mammalien et reptilien se confondent dans une même boite crânienne chacun se voulant prioritaire sur l'autre et nous pauvres fous coincés entre ce marteau et cette enclume neuronaux nous ne savons plus qui nous sommes. Tantôt création divine, tantôt fils de singe: des sous-vêtements en soie couvrent les chairs et les mœurs. Tout n'est que folklore et théâtre dans notre monde. Nous jugeons avec hargne celui qui s'autorise à jouir de ce que notre conscience nous interdit. Nous sommes les architectes de nos propres barrières mais si nous nous imposons ces interdits c'est uniquement pour le paraître. Le regard des autres nous opprime, notre image est notre trésor, elle dit au monde l'importance que nous avons. Tout cela n'est que foutaise. Jugeons celui qui se promène nu sur la plage, jugeons ceux qui se rendent au catch le samedi mais n'oublions jamais que nous sommes nous-mêmes frustrés de ce que la morale nous pèse là où la nature nous convie.

J'aime la boxe et je continue de regarder ces hommes se déchirer car je sais aujourd'hui qu'ils luttent pour exister et que j'aimerai simplement pouvoir en faire autant. Je suis une guenon c'est ainsi et il n'existe aucun parfum qui puisse me le faire oublier. Je ne vis plus dans un paradoxe depuis que j'ai accepté de n'être qu'un homme...quoi de plus naturel en somme.

"Les espèces qui survivent ne sont pas les plus fortes ou les plus intelligentes mais celles qui d'adaptent le mieux au changement" Charles Darwin.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents