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chroniqueshumaines

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Journal d'un mammifère en colère!


DES COUPS DE GUEULES, DES COUPS DE MATRAQUES ET UN TYPE QUI SE DEMANDE QUI EST DANS SON DROIT

Publié par Hâche humaine sur 11 Mai 2016, 05:06am

Je me suis déjà exprimé sur le mouvement nuit debout et j'ai également publié un article intitulé la fille du peuple dans lequel j'exprime mes craintes quant à la réaction de l'armée en cas de soulèvement de grande ampleur, je laisse les liens en bas pour ceux que cela intéresse ce n'est pas le propos du jour. Ce que je me demande en fait c'est: qui donnent les ordres? Un policier agît comme un soldat en situation de crise, il obéit à une hiérarchie. Est-ce que cela le dédouane de ses actions? Certainement pas. Chacun est responsable de ses choix...ou presque.

Revenons aux affaires, qui dirigent un C.R.S. qui charge et de quel droit fait-il cela...remontons la piste.

Une compagnie de C.R.S. est très hiérarchisé, la loi du petit chef permet la répétition des ordres, amplifiant ainsi considérablement l'effet coaching qui entraîne les hommes dans un effet de groupe galvanisant voire euphorisant. Ajouté à cela trois échelons d'états-majors, plus l'ordre vient de haut et plus il sera exécuté avec vigueur. C'est mécanique. Un chef qui ne galvanise pas ses troupes est voué à les conduire vers l'échec. Une succession de chefs oblige le simple flic à répondre à l'ordre avec conviction de peur d'avoir à subir les foudres non pas d'un chef mais d'une véritable meute de donneurs d'ordres qui pour la plupart ne sont que des facteurs et ne s'en rendent même pas compte!

Philippe Klayman est tout en haut de cette pyramide et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'est pas facile de trouver des informations sur le bougre! Voici ce que dit le journal "Les Echos": http://www.lesechos.fr/13/09/2012/LesEchos/21269-052-ECH_philippe-klayman.htm Un bon pedigree mais qui ne fait pas de ce monsieur un élément suffisamment éminent pour décider de risquer la surenchère, c'est un énarque qui a su se mettre au service de personnalités haut placées mais il reste un serviteur. il faut taper plus haut...

Bonjour monsieur le ministre...on ne va pas refaire le cursus de ce cher monsieur Cazeneuve mais je n'ai aucun doute sur sa condition de serviteur à lui aussi, un très bon atout pour le gouvernement! (oui j'ai laissé de coté les préfets qui exécutent également).

Bon, donc si je franchis encore un cap j'arrive à monsieur le Premier ministre...le chef du gouvernement qui exécute la politique du président. En clair les ordres qui sonnent la charge viennent du sommet de l'État. Tout ça pour ça? Oui, mais pas que...

Un gouvernement de combat

Valls avait prévenu en arrivant à Matignon, "Je serais ferme!" Sur ce point il n'a pas menti. Envoyer les forces de l'ordre s'opposer à la vindicte populaire est une vieille tradition Française, les soixante-huitards et d'autres s'en souviennent. Le souci c'est que plus une manifestation prend de l'ampleur et plus la violence utilisée contre les manifestants s'amplifie. Où est la limite? À quel moment le maintien de l'ordre outrepasse le principe même de république. Car nous somme censés être en démocratie et les gens dehors ne manifestent pas pour le plaisir. Ils s'opposent à une loi que rejettent les 3/4 des Français et qui vient de passer en force au parlement avec l'utilisation du 49/3... Le gouvernement ignore les cris du peuple, matraque ses citoyens et se permet de passer au-dessus du parlement...Voilà la réalité de notre république. Une république bafouée où le droit de manifester est comprimé entre les exigences patronales et les directives Européennes. Je ne crache pas sur l'ensemble de la profession policière, mais il y a des débordements et comme le rapporte un témoignage que je vous laisse à disposition à la fin de cet article, les réprimandes sont régulièrement injustifiées et surtout disproportionnées. Il me paraît évident que "là-haut", ils craignent une contagion et font tout ce qu'ils peuvent pour contenir le mouvement et dissuader les plus faibles de continuer.

Le phénomène n'est pas à prendre à la légère car souvenez-vous que les grandes manifestations d'antan ont toutes abouties à quelque chose, parfois peu étaient obtenues mais la masse était entendue. Il y avait des compromis de fait pour que le peuple cesse de gronder alors que ce gouvernement ne s'appuie que sur la fermeté et la répression... de gauche il paraît. Voyez où nous en sommes, tout cela est derrière nous aujourd'hui...trois coups de matraques, un peu de gaz lacrymal et un 49/3 pour couronner le tout et le peuple n'a plus qu'à bien se tenir. Démocratie? République? Ce n'est pas ma conception de ces politiques. Les grosses fortunes ont le pouvoir et si c'est la morale qui les guidait nous ne serions pas dans cette panade.

Les libertés fondent comme neige au soleil et les C.R.S. font leur boulot tandis que les manifestants eux comprennent petit à petit que toutes ces institutions ne sont plus qu'une façade à la dictature de la finance dans laquelle nous sommes plongés. Les chambres parlementaires ne sont plus que les sociétés écrans de l'Union Européenne. Nous n'aurons ni la force ni les moyens de lutter contre l'armement de la police et encore moins celui de l'armée. Il va falloir faire différemment et faire preuve d'inventivité si nous voulons combattre efficacement ces financiers qui n'en finissent plus de voler vers ce soleil d'or qui finira tôt ou tard par leur brûler les ailes. Une révolte massive entraînera la destruction et opposera indubitablement les différentes communautés entre elles alors que ce n'est clairement pas la réponse à apporter. Il faut changer massivement oui, mais de comportement. Ils n'iront pas nous chercher un par un pour nous obliger à acheter contre notre gré. Il y a une opération en cours consistant à acheter le moins possible durant quelques jours mais est-ce suivi? Pourtant ce genre d'opérations si elles mobilisaient vraiment beaucoup de monde auraient un vrai impact. Si on ne peut compter sur la masse alors il faut commencer à agir pour soi-même...

Boycott, commerce de proximité...vous connaissez la chanson.

"L'art de la police est de ne pas voir ce qu'il est inutile qu'elle voit." Napoléon 1er

http://chroniques-humaines.over-blog.com/2016/04/la-fille-du-peuple.html

http://chroniques-humaines.over-blog.com/2016/04/nuit-debout-journee-par-terre.html

http://www.marianne.net/note-qui-transforme-les-crs-commando-100235779.html

https://www.nosdeputes.fr/14/seance/4588

Le texte de Charlie Foxtrot relayé par evechaby sur G+

Ce matin, j'étais venue en paix, et j'ai été victime de brutalité policière. Il y a quelques jours, j’avais laissé un numéro de téléphone à un comité de soutien aux migrants. Ce matin, le réveil a sonné à 5H30 pour me dire que la police arrivait pour déloger, évacuer, et déporter les personnes qui se sont réfugiées dans le grand lycée abandonné a côté de chez moi. Les migrants nous avaient demandé, le cas échéant, de venir les soutenir, juste par notre présence, et ils l’ont répété de manière constante : SANS VIOLENCE. A 5h45 donc, j’arrive devant le lycée, et je vois quelques centaines de personnes en mode chaîne humaine. Je suis vaguement inquiète, mais l'aspect de la foule me rassure immédiatement : beaucoup de femmes, de jeunes, de personnes âgées, pas de blousons noirs, ni de cagoules, ni de gens armés ou belligérants. Je m’installe donc dans la chaîne humaine et blague avec mes copains d’un jour sur les emplois du temps pourris de la vie d’activiste. Les CRS arrivent, et ils sont plus nombreux que nous. Ils se mettent directement en ligne et là je crois que je commence à avoir vraiment peur. Ils font peur. Ils se rapprochent et la foule commence à scander « solidarité avec les réfugiés » et « nous sommes tous des enfants d’immigrés ». Soudainement, je comprends plus rien à ce qu’il se passe : zéro sommation, les CRS nous écrasent contre le mur. C’est horrible. Je suis tellement serrée entre les boucliers et les manifestants, que j’en ai le souffle coupé. L’étau se resserre, je n’ai aucune sortie possible, je m’apprête à sentir mes côtes craquer. Je ferme les yeux, et pour lutter contre l’angoisse, je me dis « respire, de toute façon tu ne peux rien faire, respire profondément, si ta côté se casse, elle se casse, ça sera douloureux mais tu ne mourras pas ». J’inspire donc profondément, et c’est ce moment qu’un CRS choisit pour me vider une bombe de gel lacrymo sur la figure. En réalité, je ne m’en souviens pas. On me l’a raconté. Tout ce dont je me souviens, c’est l’impression soudaine que l’on est en train de me faire une anesthésie générale : je suis frigorifiée, j’ai une nausée instantanée, j’ai une fulgurante douleur au visage, et pire que tout... je suis totalement aveugle. Au début, j’ai cru que je ne voyais plus rien parce que je m’évanouissais, puis j’ai réalisé que ce n’était pas ça, parce que j’avais trop mal. Tout est flou dans ma mémoire. Je me rappelle m’être mise à supplier « s’il vous plait, s’il vous plait, je n’en peux plus, laissez moi sortir » et avoir cherché à sortir de la foule. Des policiers m’ont rejeté dans la foule et m’ont re-gazée. J’ai continué à forcer ma sortie : à ce moment là, j’étais prête à me prendre tous les coups de matraque du monde, pour peu que je puisse respirer à nouveau. Je crois que des gens m’ont aidée à m’extirper, et c’est là que j’ai réalisé que le « nuage » de lacrymo n’en était pas un, et que je ne pouvais pas en sortir : le produit était littéralement collé à ma tête. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ensuite : j’ai vomi plusieurs fois, je me suis plus ou moins évanouie sur le trottoir, j’étais aveugle. Une personne est venue me voir et m’a aspergé un spray sur les yeux, ça a brûlé très fort, j’ai cru que c’était un policier et j’ai crié « ça brûle, ça brûle, qu’est ce que c’est ? » , et une voix masculine m’a répondu « laisse reposer, et ça ira mieux ». Je ne sais toujours pas qui était cette personne qui m’a donné les premiers secours : je ne l’ai jamais vue. Merci à toi d’avoir été là. Une jeune médecin bénévole m’a conseillé de rentrer chez moi et m’a donné la liste des soins. Premier conseil : ce sont des nouveaux types de gaz, et ils interagissent avec l’eau, donc il ne faut pas rincer tout de suite. D’abord savonner, puis rincer. Effectivement, sous la douche, j’ai eu l’impression que l’eau était de l’acide, et j’avais beau rincer, ça ne partait pas. En sortant, j’ai mis de la crème, et ma peau a pelé comme après un coup de soleil. Je suis traumatisée par ce qu’il m’est arrivé ce matin. Je n’ai pas facilement peur, mais là j’ai été terrorisée. Ma première réaction après la panique en mode survie a été la culpabilité : - j’ai fait preuve d’une énorme naïveté : le soutien de solidarité ayant été défini comme pacifique a de nombreuses reprises, je ne m’attendais pas du tout à ce déferlement de violence. J’avais des lunettes de piscine dans la poche, et une écharpe « au cas où » et je ne les avais pas mises « pour ne pas paraître menaçante ». Je me suis faite prendre comme une bleue. - en cassant la ligne, j’ai surement exposé mes copains - en dépit de toutes mes bonnes intentions, j’ai tenu à peu près 1minute 30 en situation de violence réelle avant de supplier la police de me laisser partir. Un constat d’impuissance dur à avaler. Et en dépit de mon état physique, mon plus grand choc a clairement été psychologique : je n’ai jamais été particulièrement anti-flics, et je les ai toujours considérés avant tout comme des individus. Je ne porte pas ACAB sur mon t-shirt, et si j’ai souvent participé à des actions à la limite de la légalité, c’est TOUJOURS dans le but de créer des lois plus justes, et de manière pacifique. Et ce matin, je me suis fait défoncer la gueule. Les CRS en face de moi, ces individus, je ne les comprends pas. Comment peut-on se lever le matin, tabasser et gazer des nenettes de 50 kilos pour pouvoir ensuite déloger, mettre à la rue, et déporter des gens qui n’ont plus rien… et puis se regarder dans un miroir ? Comment peut-on être humain lorsqu’on traite des gens comme des cafards ? Depuis, j’ai essayé de me calmer et rien à faire : je suis en choc. J’ai froid, je claque des dents, impossible de fermer l’œil, je me mets à pleurer par à coups, et quand je pleure j’ai les yeux et les joues qui brûlent. Ayant du lâcher mes copains pour rentrer me soigner, je suis allée faire un tour sur les médias pour voir si les violences avaient continué. Le parisien et le huff post disaient « les CRS ont du faire face à quelques dizaines de manifestants, dont certains masqués et cagoulés ». C’est TOTALEMENT FAUX. Ça me dégoute. Des masques ? Vous voulez dire des lunettes de piscine, cette arme super dangereuse de dissimulation ? Cagoulés ? Y’avait PAS UN mec cagoulé. Quelques écharpes. Pas tout le monde a été aussi con que moi en venant les mains dans les poches et le sourire aux lèvres. Qu’est ce qu’il faudrait pour que vous arrêtiez de faire passer les citoyens pour les origines des confrontations ? Qu’on vienne à poil ? Pour que vous puissiez nous gazer encore plus facilement ? Et même là, vous trouveriez encore le moyen de dire que y’en avait un ou deux d’agressifs dans le lot, pour justifier votre violence… Je vais quitter les médias et réseaux sociaux pendant quelques jours. Hier déjà, j’avais reçu pas mal de colère, plus ou moins froide et analytique - d’avantage de mots que de coups de matraque - au sujet de ma tribune sur l’engagement et le mouvement « Nuit Debout ». Ça fait un peu trop pour moi en deux jours. Je vais conclure sur ça : on m’a reproché d’être violente, condescendante, et moralisatrice sur la question de l’engagement politique. Sachez que je publie pour témoigner, non pour débattre (aussi étrange que ça puisse paraître à certains qui fonctionnent différemment : je déteste la polémique, et puis j’ai besoin de mon énergie pour d’autres choses). J’ai essayé d’expliquer en quoi je pensais que la critique constante était une chose délétère et réactionnaire à un niveau politique, car elle favorise l’inertie. Si vous n’avez pas été sensible à cet argument, soyez-le au moins à mes raisons personnelles : ça devient dur, là, de lire tous vos arguments sur la violence quand ils me semblent si théoriques. Si vous restez persuadés que ce sont les « casseurs » qui foutent la merde, ou que ma manière de me lutter est contre-productive, s’il vous plait, mettez votre énergie dans la recherche d’autres voies, et pas contre nous : on a eu notre dose.

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